Nov 162012
 

Transcultures (Centre des cultures numériques et sonores, Mons) est très fier de pouvoir soutenir Transonic, un nouveau label indépendant dédié aux musiques électroniques, organiques, poétiques… et aux sons “autres”.

Transonic veut proposer des objets sonores, des événements spécifiques (concerts, performances, showcases,…), des œuvres et manifestations hybrides (installations, conférences, collaborations inter disciplinaires…) en Belgique et à l’international.

Cette volonté affirmée de compléter le circuit de distribution des musiques éditées par le label, par la diffusion des artistes qu’il accueille (ou des talents dont Transonic se sent proches) s’appuie sur l’expérience et le réseau (belge et international) de Transcultures , ainsi que sur l’expérience personnelle de Gauthier Keyaerts et de Philippe Franck qui coordonnent le label.

Interview des deux protagonistes…

Pourquoi lancez un nouveau label à un moment où les maisons de disque et le marché du disque sont en pleine crise ?

Gauthier Keyaerts Fragment 37-43
Gauthier Keyaerts : Par habitude, éducation, passion… ? Pour moi, un disque, c’est un processus complexe: création, répétitions, enregistrement, mastering, design, manufacture… Tout se fait de nos jours vite, à l’aide de software qui composent quasi à la place des “musiciens” (le cri de guerre des applications actuelles). Plus besoin de maison de disque, il y a Soundcloud ou Bandcamp. Un sacré bordel ou le meilleur côtoie le pire. Personnellement je comprends que cette manière de faire existe, mais elle ne me parle pas. Créer un label, financer des disques physiques, me semble normal. Cela prend du temps, de l’argent, une stratégie. Celle ou celui qui accepte cela affirme une certain responsabilité, assume son propos.

Il y a une différence entre farcir le public de contenu (flux continu), et lui proposer de s’arrêter un instant. De lire des notes de pochette ou un LP coloré… Je n’écoute pas de musique en MP3, j’achète encore des vinyles, des cassettes quand c’est possible. Je produis de la musique à partir de platines, de lecteur de bandes- magnétiques, de plein d’objets désuets. Bien entendu ma médiation de fait via un ordinateur. J’aime prendre la voie difficile… Le label fait partie de ce “sacerdoce”. Mot curieux pour un non croyant!

Philippe Franck : En tant que directeur de Transcultures et musicophage, j’ai soutenu pas mal de productions de disque d’artistes sur différents labels (Sub Rosa, Tiramizu, Tsuku Boshi, Interzone…) ces dernières années. Je ne le regrette pas mais finalement tant qu’à s’impliquer autant peut être aller jusqu’au bout, en donnant naissance à ce nouveau « projet » soutenu par Transcultures mais qui a aussi une certaine autonomie. A un moment donné où le marché du disque tel qu’on la connu encore florissant voici quelques annes est en crise, nous avons ressenti, après avoir participé Gauthier et moi à beaucoup d’expériences artistiques et musicales, d’assumer cette passion sans doute assez folle guidée par l’amour d’une musique libertaire et exigeante mais aussi de ceux qui en défendent une certaine idée singulière, en tentant de structurer d’avantage ces aventures sonores sous une même bannière.

Nous avons donc lancé ce label assez « unlabelled », varié mais cohérent j’espère dans la durée, de donner aussi à ces sons une certaine enveloppe et d’en faire de beaux objets signifiants, une forme d’artisanat qui est peut être la seule opposition certes modeste mais obstinée à une forme de dématérialisation (si pour être plus généreux bravo, si c’est pour niveler, voire amoindrir les qualités, c’est non !), voire dévalorisation croissante du travail musical contre lequel nous réagissons avec une certain audio activisme.

 

lire la suite de l’interview sur le site de Transonic

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